Les automates et les oiseaux-chanteurs

Les automates

Les mouvements à musique étant utilisés comme source d'énergie dans les automates traditionnels, des créateurs et restaurateurs d'automates se sont installés à Sainte-Croix. Certains de leurs chefs-d’œuvre sont aujourd'hui exposés au musée du CIMA.

Comment fonctionne un automate ?

Tout part du moteur : un mouvement à musique entraîne une série d'axes par l'intermédiaire de roues dentées. Sur ces axes, il y a des cames. Ces dernières ont, dans leurs formes, la mémoire des mouvements. Elles commandent tout un ensemble de tringles qui vont à leur extrémité déclencher des gestes. C'est ainsi que bougent la bouche, les mains, les bras, les jambes et même la poitrine pour représenter la respiration.

Comment est fabriqué un automate ?

On distingue trois grandes parties : le modelage, la mécanique et l'habillage. Ceci implique la connaissance ou la participation d'une vingtaine de professions.

  • Le modelage : sa réalisation débute avec la création du personnage. Cette sculpture originale va servir à l'exécution du moule qui permettra la réalisation de copies, toujours en nombre limité.
  • La mécanique : en plus du moteur et des nombreuses tringles toutes très légères, un des travaux les plus importants est le traçage et l'usinage des cames. C'est de ces calculs et de leurs formes que va venir le mouvement exact, correspondant au désir du créateur.

L'habillage : cela comprend le maquillage, la perruque et bien sûr les vêtements souvent réalisés avec de vieux tissus. Pour terminer, il y a le décor et les accessoires.

Un peu d'histoire

L'origine des automates est très ancienne. Déjà les Egyptiens ont cherché à créer des mécanismes imitant l'apparence et le mouvement de l'homme. Mais c'est la révolution industrielle qui a fait entrer l'automate dans les circuits commerciaux. Le 19ème siècle porte les plus grands noms de constructeurs tels que Théroude, Philibois, Roullet et Decamp, Lambert et Vichy.
Aujourd'hui la tradition se perpétue et l'on peut voir au CIMA des œuvres de Michel Bertrand, Claude et Geneviève Laurent et bien sûr François Junod.

Les oiseaux-chanteurs

Le cheminement des oiseaux-chanteurs est assez étonnant. Ils ont éclos au XVIIIème siècle dans les montagnes neuchâteloises. Attirés par le luxe et la notoriété, à l'image de la mode et des parfums, ils se sont envolés pour Paris et finalement sont revenus il y a quelques dizaines d'années à Sainte-Croix.

Comment fonctionnent les oiseaux-chanteurs?

Un soufflet à double effet, actionné par un moteur à ressort, envoie de l'air dans un réservoir à pression. Celui-ci injecte l'air par l'intermédiaire d'une soupape dans un sifflet à l'intérieur duquel coulisse un piston commandé par une came. Une deuxième came commande la soupape d'admission d'air du réservoir dans le sifflet. La combinaison de ces deux fonctions donne le chant de l'oiseau. D'autres cames commandent les mouvements synchronisés de l'oiseau avec le son : par exemple, il ouvre le bec et bat des ailes. Les plumes qui recouvrent le corps de l'oiseau sont de véritables plumes.

L'histoire des oiseaux-chanteurs

Le premier oiseau-chanteur vit le jour en 1780 avec l'invention des frères Jaquet-Droz. Cet oiseau mécanique remplaçait la serinette qui apprenait au serin, prisonnier dans sa cage, à chanter.
En 1849, la maison Bontems à Paris continue avec succès cette grande tradition. Son succès commercial va être important.
Dans les années 1960, l'entreprise Bontems est rachetée par Reuge à Sainte-Croix qui perpétue encore aujourd'hui la fabrication avec la même technique qu'autrefois.